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"Après avoir dormi dans la rade de Cirelle, nous en partons à sept heures du matin; nous traversons le golfe de Policastro, nous avons eu bon vent pendant une heure, mais la mer devient grosse, et à force de rames nous arrivons à cinq heures du soir dans une petite rade, au milieu des rochers, où nous mettons pied à terre, nos marins ayant grand besoin de repos, après avoir ramé toute la journée par un temps chaud et lourd; le vent du midi ayant assez de force pour échauffer l'atmosphère, mais pas assez pour nous pousser.
Dans la nuit le temps change, se met à la traverse qui nous amène une pluie abondante; elle cesse à deux reprises le matin; à peine nous disposions-nous à partir, qu'elle reprend encore; cependant à sept heures et demie nous partons en quittant cette rade, nommée Linfreschi.
Mais à peine avons-nous fait un mille, que nos matelots, effrayés par des vagues menaçantes et un nuage énorme que poussait vers nous le vent contraire, sont obligés de virer de bord; nous vîmes alors le plus bel arc-en-ciel que j'ai vu de ma vie; le demi-cercle était complet et ses couleurs des plus vives.
La barque des Siciliens qui nous suivait imite notre manœuvre, et nous rentrons avec ensemble dans la rade de Linfreschi que nous venions de quitter.
Nous sommes réduits à passer la journée et la nuit dans ce beau port de mer, d'où il n'y a pas moyen de sortir pour se promener sur des rochers à pic entourés d'affreux précipices. Il n'y a qu'une maison de paysan où nous trouvons des œufs pour tout potage."
Attestation d’Oriane (Stylomine rouge): certainement un de mes plus mauvais souvenirs de vacances. Cet été-là, le Général, qui n’était encore que capitaine, avait décidé que nous irions en mer sur le yacht qu’avait proposé de lui prêter un de ses frères passionné de navigation et qui avait déjà fait plusieurs fois le tour du monde… Mais le Général n’était pas un navigateur accompli et, cette sortie au Sud de l’Italie, qui aurait pu être un plaisir, a manqué tourner au désastre et reste un cauchemar.
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